zig zag de mes pensées

pensées et repensées

02 janvier 2010

tabac stop

Avant la grande vague d'extermination des fumeurs, on trouvait dans les cabinets de médecins le petit logo "tabac stop" avec le petit oiseau qui accompagnait les deux mots rébarbatifs.

Maintenant on est sous le feu et le bruit des canons anti tabac gronde sur la colline d'en face. C'est comme une guerre qu'on s'amuse à faire, un truc du style: "j'aime m'inventer des problèmes quand je n'en ai pas".

Ce n'est pas la guerre qui m'a encouragé à arrêter le tabac.

Mais tout simplement le prix et moi même.

J'ai arrêté au mois de juillet. Ce n'est pas un hasard. je savais que se profilaient deux mois d'une totale insouciance et que, mes amis ne fumant pas, je ne serais pas éternellement tentée par le petit bout cylindrique et fumant.

Je n'avais pas honte du printemps passé à fumer comme une intoxiquée. J'avais sans doute besoin de m'accrocher à ce petit bout de papier comme à une bouée dans un océan houleux. Après tout en ces temps j'avais été jetée sur le bord de la route et j'avais l'air de ce chien abandonné qui ne comprend pas pourquoi on ne l'aime plus . Moi en revanche, à la différence du chien, je pouvais fumer pour compenser la sensation d'un vide vertigineux qui soudain s'était ouvert, béant, sous mes pieds de loseuse non avertie.

La seule honte que j'ai à présent c'est l'odeur que je devais dégager à cette époque. Le tabac froid. Très glam.

Or donc j'ai cessé de fumer et je n'ai pas envie de reprendre. Cependant les deux années précédentes m'ont démontré que j'avais envie de cloper vers février. Et c'est vers février que je reprends la cigarette.

la question est de savoir si cette année encore je vais craquer.

Et mon petit doigt me dit que non. 

Posté par iopenso à 19:08 - divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2010

extrémités

Quand l'hiver arrive j'ai un problème. Réel.

J'ai les pieds gelés. Et souvent les mains aussi.

Pas au moment où je marche en pleine rue ( il faut dire qu'ici il fait tellement doux que de souffrir d'engelures tiendrait du record de carence en vitamine D.) mais quand je suis chez moi, que le thermomètre affiche ses 20 degrés réglementaires et qu'il n'y a aucune raison, mais alors aucune d'avoir froid au pieds dans de telles conditions.

J'irai plus loin aussi: à 20 degrés j'ai froid. Froid tout court. Je me recroqueville sur le fauteuil devant mon ordi et je n'ose même plus bouger de peur de me casser en deux, raidie par le gel.

Pourtant j'ai connu des conditions plus dures.

Rewind: quelque part dans l'Ain, un trou de vallée et un bahut pourri bien déprimant où on se les gelait grave. J'étais en troisième. Non, je me trompe, je crois que j'étais en quatrième, ma première quatrième (oui j'en ai fait deux et je me complais à le raconter à mes élèves qui me trouvent alors beaucoup plus "dans le coup"). C'était donc l'hiver 88-89. J'avais des espèces de chaussures du style mocassin, mais trop légères (les bottines n'étaient plus à la mode). Et je me gelais tellement les pieds que j'allais en douce me les réchauffer sur les radiateurs à peine tièdes des couloirs du bâtiment 3 (dont je me rappelle encore l'odeur: un mélange de parquet pourri et de murs pas très bien conservés). C'était des radiateurs en fonte aux multiples chewing gums que les élèves collaient ici dès qu'ils n'en voulaient plus.

Cette année là j'ai su ce que signifiait le mot "engelure": une espèce de gonflement rougeâtre qui démange affreusement. La vitamine D me donnant des nausées, il n'y avait plus qu'à prendre son mal en patience.

C'est cette année aussi que mon prof de sport nous emmenait courir au stade à 8h du matin alors que l'herbe avait encore son manteau tout blanc de la gelée nocturne et matinale.

Je me rappelle aussi avec beaucoup de vague à l'âme et une nostalgie intense ces grands moments passés sur un banc du préau, recroquevillée sur moi même, en proie à des douleurs de règles intenses et le tout à moins 5 degrés dehors (minimum!).

Bref le froid j'aime.

Je me souviens aussi d'une sortie AS (association sportive) ski par un temps où même l'ours polaire ne se hasarderait pas à sortir de... d'où déjà? où donc dort l'ours polaire? A t-il une tannière? J'aurais dû prendre un exemple meilleur. Fin bref, ce jour là il soufflait un vent bien bien raffermissant sur les combes enneigées. J'avais tellement froid aux mains et aux pieds que, lorsque le prof (le même que tout à l'heure),nous a dit: "allez à fond pour le dernier kilomètre!" il m'aurait dit "allez à fond pour les derniers 1000 kilomètres!" que cela ne m'aurait pas plus étonnée que ça.

De retour dans le car ma voisine de siège pleurait de froid tandis que je tentais de réchauffer mes pieds devenus insensibles.

Et alors le must du must (réservé aux privilégiés des endroits où on se les caille VRAIMENT), c'est quand vous n'arrivez même plus à parler parce que votre bouche et votre menton assument une rigidité glaciale: engourdis par le froid ambiant, ils se sont mis en hibernation.

Bien.

Mais même après avoir connu ces extrêmes j'ai encore froid dans mon appartement chauffé à 20 degrés avec, à l'extérieur, 12 degrés minimum et des orangers en veux-tu en voilà.

Que dire?

Eh bien tout simplement BONNE ANNEE.

Il fallait bien que je parle de froid et d'hiver avant de vous faire mes voeux puisque nous sommes en janvier, le mois le plus dur à passer pour moi (je le trouve tout simplement déprimant: plus de fêtes, plus de lumières, plus rien à regarder à l'horizon que le boulot et et les nuits trop longues). L'an dernier c'est en janvier que je suis tombée malade.

Mais 2010 sera forcément différent! Un mois de janvier splendide, un février mirifique et un mois de mars explosif.

Bien à vous chers lecteurs,

votre blogueuse

Io penso

Posté par iopenso à 22:00 - futilités! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

31 décembre 2009

2012

Avec le film "2012" on s'est carrément fadés un navet hier soir.

La trame c'est un scénario catastrophe à l'américaine. A savoir, au choix:

1. l'épidémie

2. une catastrophe naturelle (plusieurs options sont ici à décliner: le tremblement de terre/l'éruption volcanique/le ras de marée dénommé depuis peu "tsunami" on ne sait pas trop pourquoi.)

3. un accident d'avion/de train/de métro

Avec 2012 on a touché le gros lot: si vous vouliez une catastrophe naturelle vous en aviez plusieurs à la suite menant à une spectaculaire fin du monde. Pour finir par une renaissance idyllique sur une terre africaine dans une atmosphère politique et religieuse épurée et hygiéniste.

Au delà des images, spectaculaires, il est vrai, j'ai pu assister au massacre des "mauvais" et à l'expiation de leurs pêchés.

Sont morts dans d'atroces souffrances (et souvent parfois en accomplissant un dernier geste "bon" qui, si on lit entre les lignes du films, pourra mener le "mauvais" vers un paradis probable et à la réconciliation divine...):

1. le beau père de la famille reconstituée et qui empêchait, par sa présence, au père, le vrai, d'avoir de sains rapports avec son fils et de renouer avec son ex femme: condamnation du divorce et des familles "bancales". Exaltation scandaleuse d'un noyau familial "authentique" puisque, quelques heures seulement après la mort du beau père (qui avait également le tord d'être chirurgien plastique) l'ex mari retrouve sa place dans une famille qu'il avait perdue en scellant les retrouvailles d'un baiser passionné à la veuve toute récente. Le réalisateur a imaginé une mort privilégiée puisque le beau père est mort broyé dans des engrenages géants.

2. le russe aux moeurs grossières et marquées par l'argent et le marchandage honteux: lui, il a le tord d'être russe c'est tout, et homme d'affaire sans éducation. Précipité dans un gouffre après avoir sauvé ses deux enfants.

3. la copine du russe (qui a divorcé lui aussi!): une blonde (mais oui!) sulfureuse et gentille dont les seins ont été refaçonnés par le chirurgien précité. Elle sauve son chien avant de mourir par noyade.

4. le pilote d'avion russe qui se faisait la blonde dans le dos de son patron: il meurt aux commandes de son appareil et permet aux autres de se sauver.

A noter que tous ces personnages meurent en "héros", histoire de donner bonne conscience au public et aux "bons" qui, eux survivent et n'ont rien à regretter ou à expier. "Une bonne guerre ma ptite dame, c'est ce qu'il faudrait, et vous verriez comme tout changerait! "

Au passage un petit coup vengeur à l'église catholique: le réalisateur a fait tomber la basilique Saint Pierre sur des milliers de fidèles fanatiques en prière dans une atmosphère rougoyante et discrètement "vicieuse". Les survivants seront protestants ou boudhistes. je n'ai pas vu un arabe, un seul. Je me trompe, il y en avait des milliers pendant une demi seconde: on les voyait prier à la mecque dans une même prosternation fanatique.

Mais j'ai vu des noirs! Et combien!

Le président des Etats-Unis: noir. Meurt en héro après avoir refusé de sauver sa peau.

Le scientifique pétri de bons sentiments: noir également. Il défend les droits de tous et lutte contre l'intérêt de l'argent et l'individualisme hideux.

Son père, un musicien qui joue du jazz sur des bâteaux de croisière, un homme bon, le vrai papy noir qu'on a envie d'aimer et dont on aime la musique langoureuse (qu'on n'entend presque pas d'ailleurs!)

Ce film était un véritable massacre.

D'un point de vue culturel d'abord mais, on est d'accord, on ne va pas le voir pour s'élever culturellement, bien plutôt pour s'abrutir un peu face à des images terrifiantes. Mais tant qu'à s'abrutir autant le faire un peu plus intelligemment.

D'un point de vue ethnique, politique et religieux ensuite. Condamnation hyprocrite et à peine déguisée de tout ce qui n'est pas américain, moralement conforme à nos récentes théories écolo, bio, et new age.... L'homme moderne n'est pas raciste, pas catho, pas musulman, il aime la nature et il colonise l'Afrique, berceau de l'humanité. Il n'aime pas l'argent, il aime les autres et sa famille et il a des enfants.

Et dire que l'idée de voir le film venait de moi.

Posté par iopenso à 15:34 - vacances - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »