zig zag de mes pensées

pensées et repensées

09 novembre 2009

La queue italienne (hi hi hi)

INEDIT (écrit le 1/09/2005)

 

En 1999, tous les bus de Trieste étaient de couleur orange. Bruyants, sifflants, et puants, ils passaient en trombe dans les larges rues du centre de la ville – un cour Cavour ou une avenue Garibaldi comme il y en a tant en Italie – freinaient dans un halètement de moteur éprouvé et un crissement de freins à en percer les tympans, avalaient leurs passagers derrière lesquels ils rabattaient aussitot leurs portes à soufflets, et repartaient en imposant leur masse à la circulation épaisse.

Les bus de Trieste sont célèbres pour y transporter une foule de petits vieux enragés. Dès 8 heures du matin, les tetes blanches sont là, fidèles au poste, dodelinant aux secousses de l'engin, parmi eux, on note invariablement la présence de nombreux raleurs.

Les raleurs montent, le regard mauvais, cherchent en vain à s'engouffrer dans la foule compacte bouchant les deux entrées du bus, hurlent un « avanti » retentissant qu'ils répètent à plusieurs reprises et dont l'écho monte parmi les autres raleurs entassés dans le bouchon humain. Ce sont des « avanti » rageurs émanant des raleurs de queue, repris par les prisonniers du bouchon, et soudain les indignations d'une dame qu'on bouscule, les protestations de celui qu'elle accuse, la dispute éclate et peut durer un quart d'heure à coup de « je suis désolée madame mais enfin on fait attention quand on a un gros sac de courses » - « madame, ce n'est pas faute de faire attention, mais quand il y a tant de monde... », la dispute ne cessant que lorsque l'une d'elle descend du bus à son arret, non sans quelques tentatives ultimes de se défendre encore.

Ajoutez à cela le regard complice et ironique des plus jeunes se souriant en coin, la naissance d'une soudaine complicité parmi des gens qui ne se connaissent meme pas mais partagent une meme opinion, une meme idée, une seule: LA HAINE DU VIEUX TRIESTIN.

LE VIEUX TRIESTIN, celui là meme qui n'hésite pas à refuser sa place assise à un autre, plus vieux encore, en lui exposant sur un ton sifflant les raisons physiques l'obligeant à garder sa place:

    • Je me suis fait opérer du genou monsieur, depuis je ne peux rester debout plus de dix minutes d'affilées

    • et moi monsieur, répond l'autre, indigné par tant d'impolitesse, j'ai 85 ans et je souffre de la hanche, j'ai deux béquilles et bien du mal à tenir debout dans un bus!

Le vieux triestin prend souvent les armes. Il s'agit de défendre sa position. Sa position dans le bus contre les autres passagers qu'il juge la plupart du temps abusifs, et enfin sa position dans la file d'attente, que ce soit à la poste ou chez le médecin.

A la poste, autant vous dire, en Italie la queue est fort longue. C'est vrai qu'on y fait tout: payer ses factures, retirer sa retraite entre autre (là vous pouvez avoir un apperçu du nombre de petits vieux le jour où la retraite arrive).

A une époque, il y avait des numéros. On arrivait à la poste, on retirait son numéro et on attendait. Souvent la queue était telle (plus de 70 numéros avant le vôtre) qu'il fallait faire des estimations de temps.... on allait faire ses courses, on revenait et là, mince, le numéro qu'on avait était passé....

Dans le pire des cas, il valait mieux prévoir un livre ou une revue. On passait le temps comme on pouvait, et tout ça pour aller payer une facture. Ô joie!

Un jour, après de minutieuses études, chronomètre en main, la poste décida qu'on pouvait se passer des numéros et faire la queue tout simplement. Les petits vieux se mirent à trembler. Les plus téméraires firent la queue, comme tout le monde, en râlant, debouts, pendant une demie heure. Les autres s'assirent, après avoir informé les personnes placées devant et derrière leur position dans la queue, qu'ils s'asseyaient – les rhumatismes, les jambes fatiguées vous comprenez – mais qu'ils tenaient à ce que tout le monde sache que cette place était la leur.

A ce propos, j'en ai une bonne. C'était lors de ma première année à Trieste. On faisait héroiquement la queue dans une poste de quartier (pas de numéros car la poste était petite, cependant la queue était longue elle!). J'étais avec ma co locataire. Je me rappelle qu'il fallait qu'on envoie un mandat postal. Arrivées au guichet, l'employée nous fit gentiment remarquer que nous n'avions pas rempli le coupon du mandat que nous voulions envoyer. Nous pensions trouver ce coupon au guichet (ce qui aurait été plus logique) mais il se trouvait sur une petite table à l'entrée. L'employée nous permit d'aller le chercher et de ne pas refaire la queue ensuite (normal non? Ca me parait logique....)

Mais voilà, après avoir rempli le papier que nous trouvâmes à l'entrée de la poste, nous dépassâmes tout le monde dans la queue et nous nous postâmes en tête, dans l'attente qu'un des guichets se libère.

Que n'avions nous pas fait!!!!! Un vieillard se mit à hurler que c'était scandaleux, qu'il fallait que nous fassions la queue comme tout le monde ici. Il fut repris en choeur par d'autres qui hurlèrent tout autant. Nous étions rouges comme des tomates, très surprises et très en colère aussi. Une espèce de rumeur sourde et ronflante monta de la queue, certais phénomènes étaient très énervés. Cela hurlait tant et si bien (j'eus tout de même l'occasion de constater que les employés au guichet maintenaient un visage fermé et rigide, très tendu mais imperturbable, sans doute habitués....) qu'une dame sortit des bureaux adjacents et se mit à crier encore plus fort que si cela continuait elle allait appeler les carabiniers.....

On voulait passer ingognito.... c'était râté.

Or donc, après avoir changé de système d'attente aux guichets, la poste fit subitement marche arrière. On estimait que les numéros n'étaient pas si mal en fin de compte, surtout si l'on installait, de part et d'autres du client en attente, des étalages de choses à vendre.

La poste de via Marconi ferma ses portes et ne les rouvrit que quelques mois plus tard. Le relooking n'étais pas mal mais à l'intérieur on se sentait oppressé. Le distributeur de numéros à l'entrée à gauche affichait ses consignes, il y avait des rubans délimitant les espaces à ne pas franchir, et enfin des étalages de produits en vente jetés sous les yeux oisifs et ennuyés des visiteurs en attente. Les panneaux lumineux et sonores hululuaient l'égrenage des numéros, on se pressait dans le peu d'espace laissé au client agacé, entre des tubes de colles, des dvd et des livres sur le ying, le yang et la puériculture. Quelques sièges placés en face des panneaux lumineux. Le supermarché du coin fit de nouveau ses affaires (des clients de la poste, numéro à la main et le feu aux fesses, la tête pleine des estimations du temps qu'il avait devant lui) et les romans refirent leur apparition sur les sièges de la poste en effervescence.

Inutile de dire que les protestations vont toujours bon train. Je suis passée à la poste de via Marconi il y a une semaine environ et j'y suis restée une heure et demi. L'attente au guichet était fort longue, d'autant plus qu'il s'agissait de fermer un compte et qu'il fallait s'adresser au bureau du conseiller: un seul pour 3 personnes en attente pleines de questions et d'exigences sur des détails fianciers de la plus haute importance. Une heure et demi plus tard j'avais fermé mon compte, non sans avoir assisté à quelques chamailleries éclatant non loin de là aux guichets sur le temps d'attente jugé trop long par une petite vieille fatiguée d'avoir fait la queue toute sa vie. Elias quant à lui a jugé également que ce concept de l'attente à l'italienne n'était pas pour lui, et il a fait profiter à tout le monde de sa voix aux accents mélodieux et divins dans un accès de fureur authentique.

Une fois dans la rue, la poste derrière moi, dans le brouhaha des scooters et le rodéo des voitures énervées, j'ai eu une petite pointe de tristesse et de nostalgie en pensant que peut être le temps des queues à la poste en Italie était bel et bien révolu pour moi.

Posté par iopenso à 20:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Recyclage de textes

Vous savez, quand ces grands chanteurs meurent et qu'on écoute ensuite leurs morceaux inédits, ceux qu'ils avaient mis dans un tiroir parce qu'ils n'en étaient pas forcément très satisfaits.

Bien. J'ai décidé de faire la même chose mais sur mon blog.

Géniaaaaaal comme idée. Surtout quand est en panne d'inspiration.

Chacun de ces textes "inédits" portera la mention "recyc...." euh "inédit" (ça brille un peu plus tout de même).

Voici donc le premier de ces textes, écrit il y a environ deux ans.

INEDIT

Adieu bel espoir. A peine né, il s'envole déjà.

Le vent a soufflé sur la ville, et les palmiers ont brillé sous le soleil couchant. La menthe avait une odeur douce et sucré au parc St Bernard.

Et l'espoir d'un amour partagé a brûlé avec le temps.

La vie est parfois sans pitié. Injuste, sans aucune compassion. On demande à être aimé, et on ne l'est pas. On demande un baiser, une étreinte, mais on ne les a pas. Et l'espoir fait vivre les rêves les plus chauds dans une imagination des plus fertiles.

Hélas, les rêves meurent vite au contact de la réalité crue et sans douceur.

On se regarde dans le miroir, on se demande ce qui cloche dans un visage que l'on contemple mais dont on n'a pas une vision très nette.

On se ridiculise a appeler l'être aimé, mais le téléphone n'offre aux attentes les plus anxieuses que la froideur métallique d'une messagerie sans âme.

On a tendu une joue, et l'on tend l'autre, les baffes sont magistrales, et l'espoir, lui aussi, pourtant toujours dernier à s'éteindre, meurt dans un grand cri indigné.

Posté par iopenso à 20:13 - chagrins - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 novembre 2009

les fringues

Depuis que j'ai gagné 5000 euros à la CAF (rappelez-vous, c'était en mars dernier, juuuuuuuste après ma rupture), je m'arrête plus souvent dans les magasins pour shopiner.

C'est à dire que j'arrive avec mon caddy pour aller au géant casino puis ben mince alors ils ont mis camaïeu sur la droite en entrant dans le centre commercial.

Pour vous dire que Camaïeu, je commence à connaître. Mes enfants aussi. Le caddy aussi.

En ce moment je cherche une paire de bottes à mettre sur les jeans, comme en portent mes élèves (en général mieux fringuées que moi) mais, soit j'ai gonflé de la cheville, soit ces saloperies n'ont été conçues que pour des adolescentes au pied tout menu.

Sans transition hier je me suis rendue chez le docteur. Dans la salle d'attente il y avait un Marie Claire où l'on parlait de fellation. Je comptais sur un retard du docteur pour avaler l'article (ny voyez aucun jeu de mot), et cette fois en toute discrétion puisqu'il n'y avait personne dans la salle.

Le docteur était à l'heure.

C'est une conspiration.

Du coup je me suis rendue à Etam lingerie, parce qu'il commence à faire froid et que je n'ai pas un pyjama chaud à me mettre sur le dos. J'ai cru que j'allais pleurer là bas. En premier lieu parce qu'un premier tour dans le magasin m'a encore permis de constater qu'il est interdit à la femme en hiver d'être sexy et attrayante. On la fringue comme un nounours avec des trucs chauds mais remplis de petits coeurs bien culs et de petits nuages sur fond de petites lunes, enfin vous voyez non? (Marie Pierre j'ai eu une tendre pensée pour toi). Il a fallu que je fasse un compromis.

Ma copine m'a rejoint dans le magasin et elle a commencé à farfouiller elle aussi. C'est à ce moment que la vendeuse est venue nous dire que le deuxième article et les suivants sont soldés à 50%. Ma copine et moi on l'a regardée incrédules et la vendeuse a dit: "oui c'est la fête hein?".

Ah ben je sais pas mais d'un coup, comme pour me venger des pyjamas anti sexe je me suis précipitée sur un tanga et un string.

Non vous n'aurez pas de photos.

En plus j'ai de la cellulite.

Essayé le tanga le soir même (oui je n'ai que ça à faire). Verdict: ne pas porter au bahut c'est trop affreux de sentir ce truc dans les fesses, ça me déconcentrera dans ma mission de service public.

Une nouvelle que vous ne manquerez pas d'apprécier: j'ai allumé le chauffage hier soir.

Oui oui.

Ma machine à laver a fait semblant de rendre l'âme. le technicien arrive et constate qu'elle n'a rien. 58 euros pour rien. Du coup le type, il avait un peu de temps devant lui alors il m'a aidé à refaire mes plans de classe (ce que j'étais en train de faire au moment où il est arrivé). Connasse de machine.

Posté par iopenso à 20:17 - futilités! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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